samedi 22 février 2020

Rencontre avec Béatrix Delarue auteure de L'âme du manguier





Le roman de Béatrix Delarue parution février 2020 
https://jdheditions.fr/

Rencontre avec l'auteure

Résumé
Marseille 1950. Joséphine, 16 ans, quitte la France à bord d’un paquebot, pour la terre d’Éburnie. Elle se rend au domaine de La Malaguette pour être accompagnatrice de l’épouse du gouverneur de la ville de Tabou, riche propriétaire terrien. En compagnie de Christie la journaliste passionnée, de la douce Mara, d’Amadou le vieux jardinier, Joséphine découvre l’Afrique, sa culture et ses mystères.
Tabou 1955. Jasmine vient au monde. Elle se souvient, écoute, joue, se faufile et déroule peu à peu le fil des drames et des passions.
Joséphine arrivera-t-elle à conquérir sa liberté pour vivre à la hauteur de ses aspirations ? Jasmine découvrira-t-elle cette petite voix, comme un murmure au fond d’elle-même, et le secret de sa naissance car il est des liens éternels, impossibles à briser…


Mon avis 
A découvrir absolument, de beaux portraits, des personnages attachants, une écriture poétique, juste se laisser bercer et savourer ce beau roman au titre bien choisi qui révèle sa trame...et l'on ne dévoilera pas tout, il faut juste le lire !

Auteure
Béatrix Delarue vit entre la Bourgogne et la Provence. Formée aux métiers de la documentation, de l’iconographie, passionnée de littérature, d’art et d’histoire, elle poursuit dans le domaine de l’enseignement. Elle écrit depuis toujours des contes, scénarios, jeux et poésies pour petits et grands. Son premier album enfant est édité en 2011 ainsi que plusieurs textes pour la presse jeunesse et un recueil de poésie D'une mer à l'autre, en collaboration.  Née en Afrique, dans les années soixante, elle passe son enfance et sa jeunesse au bord de l’océan Atlantique dans la partie occidentale du golfe de Guinée, au sein d’une nature exceptionnelle et de rencontres multiculturelles gravées à jamais. Entre réalité et imaginaire ses mots glissent au fil des émotions…
En quelques mots votre ouvrage ?
C'est une histoire à deux voix, celle d'une femme qui part pour l'Afrique a 16 ans, qui quitte tout derrière elle et va découvrir un pays, une culture, faire des rencontres qui vont bouleverser le cours de sa vie, c'est également l'histoire d'une petite fille née quelques années plus tard et qui raconte ce qu'elle a ressenti, compris des événements et qui recherche son identité car un secret entoure sa naissance.
Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Je me suis intéressée aux années 50 où de nombreux français partaient rejoindre le continent africain. A la fin des années 1950, ce pays côtier est la colonie la plus riche de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.), grâce aux cultures de cacao et de café, cultivées par de très nombreux planteurs. On pouvait recenser des hectares de caféières appartenant pour les huit dixièmes à des sociétés, à des particuliers européens ou des habitants. Dès que tous comprirent que l’installation d’une plantation de café rapportait, ils se mirent à défricher pour installer des caféières même dans des régions où l’on n’avait jamais pratiqué que la cueillette. Je suis née dans cette partie de l'Afrique, un peu plus tard dans les années 60 et j'ai voulu également offrir un hommage à mon pays natal. Les années 50 c'était aussi une certaine liberté...
Quel message avez vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Je suis née sur ce continent, j'ai donc eu une enfance différente très proche de la nature qui est florissante, une liberté incroyable, en quelque sorte une double culture qui est une richesse inépuisable. J'ai voulu faire un parallèle entre l'enfance des pays européens et celle des mamans africaines, le respect des anciens, la culture et les traditions. Différence aussi entre la mère biologique, la mère d'adoption ou celle qu'on peu se choisir. La difficulté d'être mère pour toutes sortes de raison et la faculté de l'enfance à pouvoir se sortir parfois de situations difficiles...
C'est aussi un roman sur les rapports mère-filles, les secrets de naissance et l'enfance si spontanée tout simplement je m'y intéresse depuis toujours et grâce à mon métier de ces dernières années où je me suis occupée d'enfants en difficulté,( j’ai moi même trois enfants ), des portraits psychologiques différents, des scènes qui s'emboîtent les unes dans les autres autour d'un arbre, témoin et maître du domaine où se passe l'histoire.
 puisez-vous votre inspiration ?
Dans tout ce qui m'entoure, la nature, la marche, la mer, l'écoute des autres, le dessin, la musique, la littérature, je lis beaucoup depuis toujours et mes toutes premières lectures ne m'ont jamais quittées comme Alexandre Dumas, Jules Verne, Jack London, Michel Tournier, Kessel,  mais aussi des auteurs contemporains que j'apprécie énormément, la poésie également. J 'aime les gros livres avec plusieurs tomes, les sages familiales, les romans historiques et parfois des  petits livres très forts comme ceux de Giono...et tant d'autres !
Trois images pour illustrer votre roman ? 



Quelques mots pour décrire votre roman ?
Aventure, Afrique, Amour, Passion, Enfance, Mères, 

Des projets ?

Oui.... un roman historique, des textes et albums jeunesses, des nouvelles...

Photos BD

jeudi 30 janvier 2020

Rencontre avec Véronique Riéra-Ciancanelli auteure de Volutes de toi

           

Véronique Riéra a publié depuis 2013 dans différents magazines littéraires. En particulier, "Volutes de toi" aux éditions Edilivre permet de découvrir ses magnifiques poèmes. 
Vous pouvez la découvrir également sur Short-Editions et sur son site facebook. Elle est artiste, sportive et photographe.
Deux de ses poèmes sont mis en musique et chantés par Julien Cauchoix.



...Un hymne à la poésie...

C'est un air qui ne s’oublie pas
Un filet de voix doux
Qui vous suit pas à pas
À courir haleine un peu fou
Son monde est un entrelacs
Dans lequel je chois à chaque fois
Pour mourir dans son entrechat
C’est un air vous reste dans la tête
Un ruisseau tendre et tiède
Dans lequel une nuit je m’arrête
Pour boire à ses berges de cèdre
C’est un mot qui s’incline jusqu’à vous
Un de ses mots qui nous font tenir debout
C’est le ciel qui cette nuit est clair
C’est un peu plus que cet air
Des phrases comme des fleuves
Qui coulent ici...
...En moi...

Comme une saison neuve

Poème et photo  de Véronique Riéra@Tous droit réservés

lundi 13 janvier 2020

Rencontre avec Denis Morin auteur de L'ours et la ruche








Denis Morin est né dans le Bas Saint-Laurent. Vivant près de Montréal, il est actuellement archiviste et traducteur. Il possède des racines françaises, anglaises et probablement amérindiennes. Il écrit d'abord et avant tout de la poésie biographique. Il est publié en France aux éditions Edilivre. Il écrit aussi pour Adret Web Art, des artistes qui s'associent pour proposer une forme innovante de présentation d'une oeuvre "Je développe des catalogues d'artiste et des recueils avec Adret Web Art dans une collection intitulée ''Les Femmes dans l'art''. 
J'ai particulièrement été touché par certains de ces romans biographiques comme celui dédié à Camille Claudel ou Edith Piaf et j'ai apprécié la lecture de L'ours et la ruche. "Ainsi, j’ai écrit un polar, deux pièces de théâtre, mais au fil du temps je me suis spécialisé dans la poésie biographique.  Je révèle au lecteur et à l’auditeur des êtres qui m’interpellent et que je place sous le projecteur. Ainsi, Camille Claudel, Auguste Rodin, Barbara, Félix Leclerc, Piaf, Modigliani et quelques personnages du monde monastique peuplent mon imaginaire.  Je leur confie mes mains et ils me soufflent leurs mots pour ne pas tomber dans l’oubli."

L'ours et la ruche

Si vous aimez le silence ou le Salve Regina que l'on chante à voix basse, si vous aimez les abbayes et si vous voulez découvrir les aventures étranges qui s'y passent, à la brunante, entre la forêt du Loup et la rivière du Cerf, installez-vous avec l'inspecteur Lagacé et cette étonnante historienne en chemisier lilas qui file sur sa bicyclette vert fougère, n'hésitez pas à vous laisser embarquer par cette histoire. En dehors de cette enquête bien menée, l'écriture est poétique, délicate et se faufile à la recherche de racines, c'est aussi le chant d'une culture transmise qui resurgit au milieu du vent. Les couleurs des mots qui soufflent dans les mains du poète sont bien présents au milieu de ce roman policier et qui en font quelque chose d’agréable à lire et qui bouscule un peu sur ce qui se fait habituellement. C'est un roman policier littéraire et poétique comme on a rarement l'habitude d'en rencontrer !

Extrait : La petite métisse grandit, fabriqua des courtepointes magnifiques, dont elle excellait à garnir les bordures de broderies perlées aux motifs animaliers ; des cerfs côtoyaient des chevaux, des ours croisaient des vaches, des aigles saluaient des moutons. La veuve "Lemieux" ventait et vendait fièrement l'ouvrage de sa petite dernière. Sa cadette disait à sa mère qu'elle exprimait par ses animaux provenant de deux univers, sa partie blanche, sa partie rouge.
Béatrice revoit sa mère, la métisse, effleurer de sa jupe ample la mousse et le lichen sur les troncs d'arbre, entrer dans la forêt avec des plumes d'oiseaux, des herbes, s'arrêter près d'une souche d'arbre avant de saluer aux quatre coins cardinaux, le Grand Esprit Créateur.



https://www.adret-webart.fr/
https://ecrivainpoesiedenismorin.org/
https://denismorinauteur.blogspot.com/
https://www.edilivre.com/l-ours-et-la-ruche-20aaa9e8ea.html/






dimanche 12 janvier 2020

Prière de la vieille au coeur d'enfant de Lorraine Lapointe





                    3https://soundcloud.com/user-445041232/record-online-voice-recordercom-3

                                      https://www.facebook.com/LorraineLapointeauteure/


Lorraine Lapointe écrit depuis l’enfance. Elle a trouvé son inspiration sur les rives du fleuve Saint-Laurent dans Charlevoix. Elle y écrit ses premières chansons et poèmes.
À l’adolescence, elle entreprend des études en communications et plus tard en théâtre, où elle parfait ses talents d’auteure et d’interprète.Les années 2000 l’amènent à Paris où elle organise et participe à des réunions de poètes. En 2013, elle est publiée dans la revue L’embarcadère de la Société littéraire de Charlevoix, pays de ses ancêtres.En 2015, elle publie un recueil de poésie intitulé D’une mer à l’autre en collaboration avec Béatrix Delarue.

Lorraine a collaboré à des œuvres collectives, la dernière publiée en octobre 2019 : Voix de femmes...amour), a contribué à la revue littéraire Le Grelot en 2017, a donné des prestations sur scène à Paris, à Toronto et à Montréal. Elle a conçu le texte d’affiches et réalisé la mise en scène de spectacles à l’UNEQ en 2018 et 2019. En attente de publication, entre autres ouvrages : deux recueils de poésie : Poèmes du pays, l’Abominable enfant des neiges, nouvelles et pièce de théâtre en cours de révision. Écriture de poèmes en audio sur la musique du CD de Mark Pond et divers autres travaux en cours. 




jeudi 29 novembre 2018

Les fées de Cottingley Sébastien Perez et Sophie de La Villefromoit



Les Fées de Cottingley ou L’Affaire fait référence à une légendaire série de cinq photographies qui montre deux fillettes, Elsie
 Wright et Francès Griffith, en compagnie de fées...


Cette série de photographies a jadis attiré l’attention de l’illustre écrivain écossais, Sir Arthur Conan Doyle, qui s’en servit pour illustrer plusieurs articles sur le sujet ainsi qu’un livre. Spiritualiste, il mena une enquête passionnée et interpréta ces photographies comme une preuve concrète de la réalité des phénomènes psychique; la réaction du public fut vive et les débats houleux entre ceux qui y croyaient et ceux qui n’y croyaient pas se multiplièrent durant des années. Alors que cette affaire demeure encore un mystère, cette magnifique édition illustrée, signée Sébastien Perez et Sophie de La Villefromoit, raconte l’histoire de Francès, la plus jeune des fillettes, telle qu’elle aurait pu se produire…
J'admire le travail magnifique de cette illustratrice…ce livre est du pur bonheur !















mercredi 7 novembre 2018

Asta de Jon Kalman Stefansson


    Ásta, de Jón Kalman Stefánsson, Traduit de l’islandais par Éric Boury, Grasset, 496 p., 23 €

 #Asta #JonKalmanStefansson #MRL18 #Rakuten


    Reykjavik, au début des années 50. 

A Stavanger en Norvège,  Sigvaldi tombe d'une échelle. Ainsi, incapable de se relever, il se remémore sa vie qu'il raconte à une pasante... son enfance, son grand amour, sa vie de père de famille. Sigvaldi, aime passionnément Helga. Le couple aura deux fillettes, Sesselja, puis Ásta. Un avenir merveilleux semble promis. Vingt ans plus tard, Ásta vit à Vienne, en Autriche. Elle entreprend des études de théâtre, traînant un mal-être terrible dans tout ce qu'elle réalise.
Quand elle apprend le décès de sa grande soeur, elle se sent coupable de n'avoir pas été plus proche, se sent très seule.                   

Jón Kalman Stefánsson enjambe les époques pour nous raconter l'histoire de Sigvaldi et d'Helga, puis surtout celle de sa fille bien-aimée Ásta, qui tente de se construire à l'ombre d'une passion et qui écrit des lettres d'amour comme des appels au secours...
Peu de temps  après sa naissance, sa mère Helga se détruit par l'alccol,  son père Sigvaldi se révèle incapable d'y faire face. Ásta est alors placée chez une nourrice, Steinvör, qui l'élève avec beaucoup d'amour. A l'adolescence pourtant, Ásta devient ingérable,  Steinvör se voit contrainte de l'envoyer dans une ferme des fjords de l'Ouest...Je ne dévoilerai pas la suite mais chacun reconstitue une histoire familiale comme un morceau de puzzle entre les chapitres.



  
J'ai eu un peu mal à entrer dans l'histoire en particulier à cause de la présentation très originale des chapitres et de l'histoire qui n'est pas linéaire mais j'ai bien aimé l'écriture très envoûtante, très poétique de l'auteur. Dans ce roman lyrique sur la quête de la passion, du bonheur et la peur des sentiments, les personnages s'enlisent, se retrouvent, se séparent se déchirent poursuivant leur destin mais la beauté de l'écriture porte toujours le long de la lecture. 
On y découvre la vie et les problèmes auxquels ce confrontent les habitants dans ces villes du grand froid bercées par la lumière et la musique qui accompagnent les mots jusqu'au bout de l'histoire.




Un livre qui donne aussi envie  de voyager à travers l'Islande. Eric Boury a traduit ce magnifique livre, voici ce qu'il nous dit sur sa façon de travailler en complément de lecture :


https://addict-culture.com/eric-boury-interview-traducteur/

http://ericboury.blogspot.com/

https://www.ledevoir.com/lire/504415/les-destins-familiaux-de-jon-kalman-stefansson

Extraits du roman :

 " Mais que fait donc cette femme avec ces cabas ? Et quelle drôle d’idée de parler norvégien ! Les Norvégiens parlaient l’islandais il y a sept cents ans. Ils n’avaient aucune raison d’arrêter de le faire, rien ne le justifiait. L’explication résiderait-elle dans l’admiration secrète qu’ils nourrissent pour les Suédois ? La langue norvégienne serait-elle leur tentative ratée de parler suédois ? On n’arrête pas comme ça de parler sa langue maternelle, c’est ridicule. Une nation qui a perdu sa langue pourrait tout aussi bien s’exiler sur la Lune ! "


À ce moment-là, Asta, le fermier et la Land-Rover ont enfin quitté le fjord. Le paysan a allumé la radio, il tourne le bouton dans l’espoir de mieux capter les émissions, mais ce n’est pas concluant. C’est à peine s’ils distinguent les mots à travers les grésillements. On dirait qu’ils sont sur une route menant hors du monde. Mais bon, on ne peut plus parler de route, c’est à peine une piste, à peine un sentier. Les grandes mains puissantes du fermier s’agrippe au volant, la voiture se perd en ruades comme un cheval fou. Asta est si pâle que le fermier s’arrête, elle a tout juste le temps de descendre du véhicule avant de vomir sur une touffe d’herbe printanière qui perce à travers la neige, mais elle n’a plus rien à vomir, elle a l’estomac vide depuis longtemps comme en atteste le sac sur le plancher de la vie.





mardi 2 octobre 2018

La terre nous est étroite de Mahmoud Darwich



 (1966-1999)Préface inédite et choix de l'auteurTrad. de l'arabe (Palestine) par Elias SanbarCollection Poésie/Gallimard (n° 343), GallimardParution : 03-03-2000

Né en 1941 à Birwa, près de Saint-Jean-d'Acre, aujourd’hui le nord d’Israël mais qui  devait faire partie de l’état arabe.. Mahmoud Darwich est considéré comme l'un des plus grands poètes arabes contemporains. 

Ce volume est sa première anthologie personnelle, avec de nombreux textes inédits, et comme il le définit lui-même, une anthologie " qui permet de garder la source lumineuse de l'oeuvre en laissant de coté ses parts d'ombre, isoler un poème ou un autre, insister sur des images, des métaphores, une atmosphère qui conforte une certaine approche et, en terme de ces démarches subjectives, faire d'un poète moyen un poète exceptionnel... "

Un tel parcours, dans une œuvre qui prolonge les mythes du Proche Orient ancien mais aussi les grandes odes de l'Arabie, révèle un poète d'exception qui sait spontanément se situer au croisement de l'expérience individuelle la plus intime et de la mémoire collective. Lorsque Mahmoud Darwich écrit, il laisse dans un premier temps son inspiration inconsciente l'entraîner. Il les écrit, les oublie pendant une longue période puis revient leur rendre visite. Il choisit ensuite de ne pas l'abandonner si le poème le dépasse comme si le poème était l'oeuvre d'un autre poète qui a entraîné celui qu'il était. Sa quête est celle de la longue marche d'un poème qu'il n'a pas encore écrit...Mahmoud Darwich est très sensible aux changements de temps, aux cadences du paysage poétique universel, l'identité de l'homme depuis le passé de son exil jusqu'à son présent exilé...


« J’avais six ans. Je me souviens surtout de notre fuite, nous nous sommes d’abord abrités sous les oliviers, puis nous avons continué à marcher pour nous réfugier dans les montagnes. Mes pieds étaient en sang. Après avoir marché toute une nuit, notre famille est arrivée terrorisée, en sang, en sueur et mourant de soif dans un pays appelé le Liban. »





http://poesie.pourlapalestine.be/category/a-propos-de-mahmoud-darwich/



Une voix est venue de l'oliveraie

L’écho est venu de l’oliveraie.
J’étais crucifié sur le feu
Et je disais aux corbeaux : Ne me dévorez pas.
Je pourrais rentrer à la maison,
Le ciel pourrait pleuvoir,
Et il pourrait…
Éteindre ce bois carnassier!

Un jour je descendrai de ma croix.
Mais alors, comment
Rentrer chez moi, nu nu-pieds?



Etranger dans une ville lointaine

Quand j'étais petit
Et beau,
La rose était ma demeure,
Les sources étaient mes mers.
La rose est devenue blessure
Et les sources sont, désormais, soifs.
- As-tu beaucoup changé ?
- Je n'ai pas beaucoup changé.
Lorsque nous rentrerons comme le vent
À la maison,
Scrute mon front.
Tu y verras les roses, palmiers,
Les sources, sueur,
Et tu me retrouveras, tel que j'étais,
Petit
Et beau...

Si ses images entre passés et présents sont souvent émouvantes,  Mahmoud Darwich cisèle les mots, décrit les images par un vocabulaire humble mais précis, toujours au plus près des êtres et des choses de sa terre ancestrale. Tous les parfums de la vie se retrouvent  au fil de ses poèmes, des parfums d'abricot, d'orange et de jasmin, l'odeur du café le matin, les chevelures des femmes, la mère...
Des mots simples et puissants, derrière la souffrance, l'attente, l'identité...Un recueil puissant que j'ai découvert avec bonheur, intérêt et admiration pour ce grand poète.